Les parents d'élèves réclament des repas scolaires plus équilibrés

PARIS — L'équilibre nutritionnel des repas servis dans les cantines scolaires, qui est très peu respecté, est une question de "santé publique" et doit faire l'objet d'une loi, ont réclamé mardi la fédération de parents d'élèves FCPE et des associations de nutritionnistes.

Au moins 10 crudités en entrée sur 20 repas, des limites pour les plats trop gras ou trop sucrés, du calcium, des protéines, des vitamines... les recommandations existantes doivent être inscrites dans une loi, a demandé lors d'une conférence presse le président de la FCPE, Jean-Jacques Hazan.

"On nous a promis plusieurs fois une loi, mais ça fait deux ans qu'on se fait balader", a déploré M. Hazan, pour qui l'industrie agro-alimentaire et les sociétés de restauration collective ne sont pas très favorables à une loi.

Rendre obligatoire ces recommandations est une des dispositions du projet de loi de modernisation de l'agriculture, qui sera examiné au Sénat à partir du 17 mai et pourrait être adopté d'ici l'été. Cette disposition figurait déjà dans la loi Bachelot adoptée l'été dernier mais avait été recalée au Sénat.

"Garantir la qualité nutritionnelle des rations servies en restauration scolaire est vraiment une priorité de santé publique" alors qu'un enfant scolarisé sur deux mange à la cantine (soit six millions), a expliqué Nicole Darmon, chercheuse en nutrition à l'Inserm, l'Inra et Aix-Marseille I et II.

"C'est une garantie de bonne prévention de l'obésité mais aussi des maladies chroniques, et ce tout au long de la vie", a-t-elle ajouté.

En France, 16% des 3-14 ans sont en surpoids ou obèse, un taux qui monte à 22% chez les enfants de milieux défavorisés.

Les recommandations existantes ont été établies par le Groupe d'étude des marchés de restauration collective et de nutrition (GEM-RCN).

A titre d'exemple, pour les entrées, il préconise pour 20 repas successifs au moins 10 crudités et au maximum quatre plats ayant plus de 15% de matières grasses. Pour les desserts, au minimum huit fruits crus sur 20 repas, six produits laitiers riches en calcium et au maximum trois plats trop riches en lipides et quatre trop riches en sucres.

Ces recommandations sont "trop peu appliquées", par méconnaissance du texte et du fait des barrières invoquées, notamment financières, selon M. Hazan.

Il estime seulement à environ 2.000 sur 18.000 les communes qui les prennent en compte. Sur les 36.000 communes françaises, quelque 22.000 ont une école et 18.000 une restauration structurée.

Pourtant, contrairement aux idées reçues, un repas équilibré ne coûte pas plus cher, et même un peu moins cher, qu'un repas classique, selon une étude faite par Mme Darmon auprès de 75 écoles.

En effet, les recommandations nutritionnelles fixent des quantités assez précises de bonne alimentation, alors que dans la restauration classique 30 à 40% des produits sont gaspillés, a-t-elle assuré.

Pour voir ces recommandations appliquées et obtenir une loi, la FCPE entend intervenir auprès des parlementaires et des collectivités locales.

Elle publiera notamment sur son site internet la liste des communes et collectivités territoriales qui vont s'engager à respecter les recommandations.

La FCPE lance cette campagne avec l'Association nationale des directeurs de la restauration municipale (ANDRM), l'Association française des diététiciens nutritionnistes (AFDN) et le Club experts nutrition et alimentation (Cena).